Auteur de récits de vie

Passeur d'histoires

L'enfance: entre déchirement et bonheur

« C'est parce qu'elle est à la source de ce que je suis. Elle est, sans hésitation, mon pilier. » 

« Après un an, c'est étrange à dire, mais mes parents ne me manquent plus. Par instinct de survie, je me suis construit une autre famille. » 

« Une colère noire, un moment tragique, un geste inespéré, et puis une acceptation contrainte. »

Vers une lente renaissance

« Un dimanche de 1941, à l'hôtel Mangbetu, le hasard met Angèle sur la route de Maria. Une rencontre décisive, comme une pièce manquante qui trouve enfin sa place. » 

« Peu de temps après, elle reprend ses balades à bicyclette. Mais cette fois, elle a une autre compagnie : Richard roule à ses côtés. Les chemins semblent plus doux, les non-dits plus éloquents. »

« Elle croyait choisir un homme. En réalité, elle entrait dans une vie dont elle ne connaissait encore ni les silences ni les absences. » 

Devenir maman pour toujours

« Le 15 juin 1948, Maria devient ma maman. C'est une apothéose, le fruit de longues négociations. Elle a tout donné pour y parvenir. De « madame », elle passera à « maman ».

« Parmi mes camarades, peu ont une mère qui travaille. Très vite, je perçois qu'elle se distingue des autres. Mais cela ne me dérange pas. Au contraire, cela me rend très fier. » 

« En 2014, elle nous rend visite en Espagne, un pays chargé de souvenirs heureux. Désormais, quand elle pense à nous, elle peut mettre des images sur notre quotidien. » 

Un temps en duo

« Après une période difficile, des éclaircies apparaissent. Le ciel n'est pas encore dégagé, mais nous avançons. » 

« Si je devais définir la figure maternelle de mon enfance, je la décrirais ainsi : celle qui avance trop vite pour moi. » 

« Ma plus belle récompense reste mon inscription chez les louveteaux, l'unique endroit où je me sens vraiment à égalité. Revenant d'Afrique, certains me voient comme un Mowgli. Je ne prends pas la peine de les contredire. J'y gagne en confiance et je découvre le pouvoir des mots. » 

Retrouver le temps de l'émerveillement

« L'aéroport. Les amis et les proches sont là. Tous n'ont qu'une envie : savoir pourquoi. Ma mère embrasse son père, traversée par une intuition. Ce départ a des allures de fugue, mais déjà un goût d'adieu. » 

« À la plantation, elle veille à tout : elle pèse le café récolté, calcule les salaires, connaît chacune des cueilleuses par son prénom. » 

« Pour mon père, c'est l'aboutissement d'un rêve.
Pour ma mère, le retour à une vie familiale la soulage.
Pour moi, c'est le carrefour des découvertes. » 

A nouveau deux

« Très tôt, j'ai décidé de me ranger auprès de celle qui me protégeait. » 

« À nouveau seuls tous les deux, nous trouvons peu à peu notre équilibre. Une complicité s'installe, presque naturellement. » 

« Il vient tous les six mois pour deux semaines. Lors de ses visites, il se montre plutôt aimable. Il n'arrive pas en sifflotant, mais il sait lui aussi qu'il ne fait que passer. Son équilibre semble lui convenir. Le nôtre également. » 

Partir pour se retrouver

« En 1974, mon père rapplique. Il a 60 ans, l'âge de la retraite. Je suis témoin d'une métamorphose : l'homme n'est plus le même. » 

« Mes parents m'invitent à les rejoindre à Kinshasa. Seule Sylvie m'accompagne. Ce voyage sera différent des autres. Auprès de sa petite-fille, mon père révèle une tendresse que je lui connaissais peu. »

.« À Kinshasa, le temps semble avoir redistribué les rôles. Ma mère y est revenue en grand-mère, et ma fille découvre à son tour cette Afrique qui a tant compté dans notre histoire. »

Une vie à sa dimension

« Ma mère franchit un nouveau seuil : elle devient arrière-grand-mère. Un autre nom s'impose tout naturellement. Désormais, pour tous, elle sera "Mémé". »

« Pour elle, l'amour n'a pas de frontières, ni géographiques ni familiales. Sœur Cyriaque lui avait appris très tôt que les liens se construisent aussi au-delà du sang. Sa famille, elle ne l'a jamais enfermée dans un cercle : elle l'a élargie. » 

« Elle a gagné plusieurs tournois de cartes. Elle comparait souvent la vie à la manille : on ne choisit pas ses cartes, mais on "fait avec". » 

La Dame de la 119

« En février 2015, elle retourne à Nieuport avec Cédric et Yasmina. Ce bref voyage fait refleurir les vingt dernières années de sa vie. Retrouver ses amis, partager une glace chez Catherine : autant de gestes simples qui lui rendent, l'espace de quelques heures, un peu de la lumière de ces années heureuses. »

« Certains gestes survivent. Plusieurs fois par jour, elle plonge ses doigts déformés dans sa réserve de sucreries. Elle défait l'emballage avec application, puis porte le bonbon à la bouche. Ce petit plaisir résiste à tout. J'aime croire qu'il la relie encore à son enfance »

« Elle aussi a saisi le message. Ce moment, craint et attendu, est désormais tout proche. Alexandra la caresse doucement, tente de l'apaiser. En mon absence, elle a su faire ce que les mots ne savent pas toujours faire : être là. Par sa tendresse, elle a donné à ma mère ce sentiment de présence dont elle avait tant besoin. »

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